Le scribe accroupi

Rédiger à l’école : pour qui ? pour quoi ? comment ?

Dans quels buts sommes-nous amenés à écrire ?

Voici ce que j’ai relevé pour ma part en balayant dans ma mémoire les circonstances qui m’ont amené à écrire dans les dernières semaines :

  • questionner,
  • défendre un point de vue, argumenter,
  • nourrir sa propre réflexion,
  • préserver de l’oubli,
  • organiser une activité,
  • rendre compte d’événements, d’expériences,
  • répondre à un besoin d’information du lecteur, à ses interrogations de toute nature,
  • partager des goûts, des intérêts,
  • proposer une réflexion,
  • partager un savoir, une compétence,
  • susciter un intérêt chez le lecteur,
  • témoigner un sentiment : amitié, gratitude, insatisfaction, etc.

Rédiger à l’école, c’est communiquer « en vrai ».

En effet, l’acte d’écrire n’est pas gratuit. Il vise toujours un objectif même quand c’est seulement « pour le plaisir ».
L’acte d’écrire (comme celui de parler) est un acte de communication : il s’adresse à l’autre, que ce soit un interlocuteur bien déterminé ou les membres d’un lectorat beaucoup plus large.

On n’apprend pas à rouler à vélo en le regardant suspendu dans le garage. De la même manière, apprendre à un enfant à rédiger exige tout d’abord une situation de communication réelle. L’enfant doit écrire à quelqu’un, pour quelqu’un chez qui il souhaite éveiller un intérêt et dont il espère recueillir les réactions.

Comment rédiger à l’école avec joie et efficacité ?

On peut utiliser de nombreux moyens pour mettre en place une communication réelle et accroître ainsi la motivation des élèves. En voici quelques-uns que j’ai utilisés avec succès :

  • la pratique habituelle dans le cours de la classe d’une réelle communication orale entre maître et élèves et entre élèves. (Dans ce but, j’avais aussi instauré dans ma classe de CM2 un temps fort hebdomadaire de 30 minutes que nous appelions « l’Assemblée générale ».
  • la lecture des productions à la classe par leurs auteurs ; cette lecture est suivie d’un temps de réaction, d’échange, de suggestions d’amélioration…
    (Ceci suppose l’instauration préalable dans la classe d’un réel climat de bienveillance mutuelle qui ouvre chez chacun le désir de participer au progrès de l’autre en même temps qu’au sien propre. Cela participe aux nécessaire qualités de l’enseignement que sont la bienveillance et l’exigence.)
  • l’insertion dans le Journal de l’école des textes produits par les élèves,
  • leur publication sur le site internet de l’école,
  • leur envoi aux correspondants scolaires,
  • etc.

J’ai longuement expérimenté tout cela et vérifié mon hypothèse de départ, à savoir le développement chez les élèves d’une motivation incroyable pour obtenir des textes de qualité dignes d’être communiqués, publiés. À la recherche de la qualité de l’expression elle-même, s’est naturellement ajoutée la recherche de qualité de la forme : illustrations, mise en pages, création de pages web.

le 24 septembre 2018
Jean-Luc Madoré

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