La draisienne améliorée devient le vélocipède
Buster Keaton sur son vélocipède
La draisienne a 200 ans

Le vélocipède, la draisienne et la bicyclette

Karl Friedrich Christian Ludwig, baron Drais von Sauerbronn, dit Karl Drais (1785-1851), est un inventeur allemand, connu pour avoir inventé la draisienne, un engin à deux roues, premier ancêtre de la bicyclette.

Karl Drais est né le 29 avril 1785 à Karlsruhe alors capitale du Duché de Bade. Son père était conseiller à la cour.Karl fit ses études primaires et secondaires à Karlsruhe, avant de rejoindre Pforzheim où il intégra une école de l’administration des eaux et forêts. Les débouchés étant rares, Drais étudia les mathématiques, la physique ainsi que l’architecture à l’université de Heidelberg jusqu’en 1805 avant de devenir finalement employé de l’administration des eaux et des forêts de Bade.

La famille emménagea à Mannheim en 1810. Libéré de ses fonctions, mais continuant à percevoir une pension, Drais les y rejoint un an plus tard. Il inventa alors une machine à transcrire les notes de piano directement sur partition (1812), deux machines à quatre roues utilisant l’énergie humaine comme force motrice (1813-1814), publia des articles sur des équations mathématiques très complexes.

Mais surtout il donna naissance à un moyen de locomotion appelé communément en France « Draisienne ». Il présenta pour la première fois ce nouvel engin à Mannheim le 12 juin 1817. Le trajet à partir du centre-ville prit un peu plus d’une heure, mais il permit de parcourir 14, 400 km : c’était une vitesse bien supérieure à celle d’un piéton. Cela pouvait constituer une véritable révolution dans le domaine des transports. C’était aussi le premier moyen de locomotion se servant de l’équilibre de son utilisateur.

Cette nouvelle machine fut brevetée en 1818 sous le nom de « vélocipède » puisque son but est de permettre à une personne de marcher à grande vitesse. En effet, en latin le mot « velox » signifie « rapide » et le mot « pedis »  veut dire « pied ».

Remarquons que Karl Drais bénéficia, bien involontairement, des conséquences d’une catastrophe naturelle. En effet, l’éruption volcanique du mont Tambora en Indonésie, en avril 1815, créa un tel nuage de cendre et de fumée qu’il se mit à neiger en Europe en plein cœur de l’été 1816. Les récoltes furent mauvaises. Les chevaux furent alors abattus pour qu’on puisse se nourrir de leur viande. Le vélocipède arrivait donc à point pour permettre de se déplacer rapidement sans cheval.

Mais l’état des chaussées était si déplorable qu’il était très difficile de rester en équilibre très longtemps sur le vélocipède. Les cyclistes se mirent donc à emprunter les trottoirs. Les piétons se mirent alors à se plaindre car ils estimaient que leur vie était mise en danger. Les autorités interdirent alors purement et simplement l’utilisation des vélocipèdes. Pour cette raison, Karl Drais se trouva donc dans l’impossibilité de commercialiser son invention et d’en vivre.

Antoine, 2 ans, tout fier sur son vélocipède
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Le succès du vélocipède fut donc éphémère mais la draisienne connut un certain succès en Angleterre où Denis Johnson eut l’idée d’utiliser du fer pour les roues et le guidon, ce qui les rendit plus solides. En 1861, le français Pierre Michaux équipa le vélocipède de pédales fixées sur la roue avant. Ainsi, peu à peu, la draisienne évoluait vers la bicyclette moderne.

En 1822, le baron Karl Drais partit au Brésil et entama une carrière de géomètre. De retour à Mannheim en 1827, il inventa le sténographe à 16 caractères.
Il revint à Karlsruhe, son lieu de naissance, où il mourut dans la pauvreté le 10 décembre 1851.

D’après Audrey Malgras-Serra
« Karl Drais, la nouvelle biographie »
2006 – Goethe-Institut
Traductrice : Audrey Malgras-Serra

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