enseigner avec exigence et bienveillance
Jean-Luc madoré

Enseigner avec exigence et bienveillance

J’exprime ici ce que j’ai découvert très progressivement au cours de ma carrière. Ce sont mes élèves et la pratique de la classe qui ont fait que, peu à peu, ces principes me sont apparus comme essentiels puis, au fil du temps, sont devenus en moi des convictions profondes.
Ils ne sont pas nécessairement tous « dans l’air du temps », certains peuvent paraître utopiques ! Vous pouvez très bien accepter les uns et en mettre d’autres en doute, voire les rejeter ! Mais, je dois dire que ce sont ces principes-là qui nous ont permis, à moi l’enseignant, mais aussi à mes élèves, d’être globalement heureux de travailler ensemble avec succès.

La personne

  • Il existe en chaque personne des potentialités insoupçonnées, voire ignorées de la personne elle-même.
  • Pas de réussite possible sans une juste estime de soi.

La personne de l’élève

  • L’élève est une personne que le maître accompagne dans sa construction.
  • Un « bon élève » est souvent un élève qui a la chance de découvrir, la plupart du temps inconsciemment, comment fonctionne son intellect.
  • Le savoir (comme le savoir-faire et le savoir-être) n’est ni accumulation ni entassement mais construction : chaque nouvelle compétence doit s’appuyer sur des compétences déjà maîtrisées.

Maître et élèves

  • Le maître est conscient de la multiplicité des chemins ; il sait que ses propres habitudes intellectuelles ne sont qu’un chemin parmi une infinité d’autres.
  • Le maître est l’observateur, l’accompagnateur, le médiateur, parfois presque le complice de l’élève : plus que d’être face à l’élève il est surtout à son côté. Mais, il ne peut rien faire pour lui si ce n’est lui suggérer des chemins et s’y engager avec lui, car seul l’élève a le pouvoir d’être le véritable acteur de sa réussite.
  • Le talent du maître consiste à amener chacun de ses élèves à découvrir et développer le sien.
  • On ne peut enfoncer un clou à coups de poing : on se ferait très mal et le clou ne rentrerait pas. L’enseignant est donc un perpétuel découvreur, voire inventeur, d’outils pertinents.
  • Le maître fait preuve d’exigence autant que de bienveillance à l’égard de chacun de ses élèves.
  • L’essentiel se passe quand le maître se tait, car le silence, s’il a été ensemencé par le maître, permet l’intériorisation et l’appropriation.
  • Le maître développe le soutien bienveillant des élèves entre eux, car ce climat favorise le développement harmonieux de chacun.
  • L’urgence absolue pour un enseignant est de sortir l’élève en difficulté de la conviction qu’il est nul. (On peut d’ailleurs s’interroger sur les événements qui l’ont peu à peu conduit à cette conviction…)
  • Ce sont les élèves en difficulté qui sont susceptibles d’apporter le plus de bonheur au maître.

La personne du maître

  • L’enseignant se doit de respecter une bonne hygiène de vie (sans négliger le temps de sommeil nécessaire).
    Il doit en effet pouvoir disposer en classe de tous ses moyens pour être capable de prendre le recul nécessaire, observer, analyser, construire des hypothèses, proposer, accompagner, évaluer…
  • Le maître n’est pas le modèle, mais il se doit d’être un exemple (… sans prétention). Il s’efforce en particulier dans la réalité quotidienne de son propre comportement de vivre le mieux possible les valeurs éducatives capitales que sont la maîtrise de soi et le respect des personnes.
le 21 octobre 2017,
Jean-Luc Madoré

Un commentaire pour “Enseigner avec exigence et bienveillance”

  1. C’est en tous points ce que je pense et expérimente avec mes différentes classes. Cela devrait être en préambule des programmes !! (clin d’œil…)

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